jeudi 4 juillet 2013

PNR en photo - part - 1

Qu'est ce que le  PNR?

Le PNR est " le Point de Non Retour "  traduit par " la limite à ne pas franchir " et non pas le parc national régionale comme on pourrait tout aussi bien sous entendre. Dans la nature tout comme dans un aéroport, il faut avec les animaux savoir se fixer une limite à ne pas franchir sous peine de faire zéro photo de l'individu observé. Pour chaque animal rencontré lors d'une sortie photo nature imposez-vous cette distance. Je sais que ce n'est pas facile lorsque l'on souhaite vraiment s'en approcher au plus près mais n'oubliez jamais qu'un oiseau peut s'envoler à tout instant. Cet envole si agaçant que l'on redoute le plus.
Le respect des zones de point de non retour vous permettra de l'observer avec une durée d'observation plus longue. Prenez ça un peu comme un jeu au départ, faites des essais. Ce que je nome ainsi du coté humain est pour l'animal son système de géolocalisation dans son l'espace vital à notre égard, cela fonctionne un peu comme un écho radar ou sonar permanent. Retenez aussi qu'un cheval ne se comporte pas de la même manière qu'un oiseau et un oiseau ne réagit pas comme un chat, un chat ne réagit pas comme un serpent, un serpent, etc...surtout s'ils sont sauvages mais encore que dans une même famille telle que celle des oiseaux, il est différent en fonction de son espèce et de ce que l'oiseau est en train de faire, s'il mange, s'il chante, etc...

Pourquoi s'obliger à faire cela?

Première raison: Par respect et savoir vivre humain animal / animal humain.
Une formule qui peut vous paraitre bizarre mais pour moi elle coule de source, car si vous ne respectez pas l'animal, lui non plus ne vous respectera pas et il vous le fera bien comprendre à sa manière. L'inverse s'opère aussi, plus vous le respecterez  lui et son environnement et plus il vous le rendra et cela sera bien visible sur vos photos. Je ne sais pas, s'il faut parler d'ésotérisme ou de choses divines, mais une chose est sur, c'est qu'une relation s'installe entre l'animal et nous, je n'appelle pas cela,  ni " domestiquer ", ni " apprivoiser ", car il faut tendre une main nourrissante ou bénéfique envers lui alors que dans cette situation, il n'y aucun échange hormis cette forme de tolérance réciproque qui s’opère entre deux individus de nature totalement différentes dans un respect mutuel. 
Il faut se mettre à la place des animaux et réfléchir ce qu'ils peuvent se dire en nous observant en train de les observer. Voici donc les conclusions de mon expérience en matière d'observation ornithologique, vis à vis d'oiseaux petits ou grands seul ou en groupe. Ces 2 phrases vont vous paraître peut-être comme des idées folles et pourtant elles ne le sont pas. 

Mes conclusions sont celles-ci:

- Parce que je t'observe et que je constate que tu ne dégrades pas mon lieu de vie et que tu me veux aucun mal alors je sais que je peux m'approcher un peu plus de toi sans crainte chaque jours.

- Parce que je t'entends, que tu es trop bruyant, que je vois que tu gesticules dans tous les sens, que tu es cette forme étrange aux couleurs éclatantes se déplaçant vite vers moi et me fait terriblement peur, il vaut mieux rester a bonne distance et te craindre.

Deuxième raison : Pour la réussite des photos que l'on souhaite obtenir sans faire fuir ou effrayer les animaux. Simplement parce que lorsque l'on se retrouve dans la nature, en forêt, en montagne, dans un marais ou je ne sais où ailleurs, nous humain avec nos odeurs corporelles, nos gestes, nos attitudes ou juste notre présence, on dérange. Il faut absolument se graver ça une fois pour toutes en grand et en rouge dans nos têtes de photographes sans limites. Pourquoi ça? Parce-que, de un, on souhaite faire des photos certes, mais aussi ne pas déranger nos amis à plumes ou à poils. Il ne faut pas non plus négliger notre propre protection. En période de rûte si le dérangement est trop grand on risque de se faire charger par un animal muni de bois pointus et d'un poids pouvant atteindre les 300kgs (exemple: cerf élaphe) ce qui doit faire un peu mal...

Voici ce qu'il ne faut pas oublier et auquel il faut penser en permanence lorsque l'on souhaite faire la photo d'oiseau posé sur une branche.

 1 - Exemple: un oiseau est posé sur une branche. L'arbre n'est pas encore visible,
       je l'ai fait exprès pour vous montrer les différentes zones de respect d'un PNR
       ornithologique en photo.

 2 - Arbre visible. Ces disques imaginaires placés à la verticale de cet arbre représentent
      les échos radar virtuel de l'oiseau, la géolocalisation animale à l'action qui sera
      le PNR pour nous humain. Il faut ce les imaginer comme des sphères émanant du
      centre de l'oiseau.

 3 - Zoom sur la scène. L'oiseau toujours en bleu sur sa branche avec un nom pour   
      nos zones de PNR délimitées A, B et C.

      Zone A - Verte, en sécurité, l'oiseau ne ressent aucun danger éloigné à distance.
      Zone B - Orange, début d’inquiétude, il guette tout éventuel intrus dans cette zone.
      Zone C - Rouge, en danger, il sent un danger imminent trop proche de lui, il s'envole.

 Zone A - Pas besoin de se camoufler, vous vous situez a bonne distance de respect et
                 vous ne dérangez pas l'oiseau.

 Vision à coté de l'objectif pour donner une petite idée de ce que l'on peut observer.

 L'oiseau reste sur sa branche, si vous êtes un ou une lève tôt, il sera d'autant plus  
 facile a prendre en photo en train de chanter.

Zone B - A cet endroit tout observateur que l'on est se sent forcément observé. L'oiseau
               commence à s'agiter et à s'interroger sur notre nature et nos intentions. Qu'est-ce
               que cette chose? Qu'est-ce que ça fait là? Il y a 5 minutes ce truc n'était pas la?  
               Étrange, méfiance restons sur nos gardes.

               A cet endroit se mettre en total immersion dans la discrétion et le silence.
               Soit en vous recouvrant au préalable, l'appareil à photo y compris, d'un filet de  
               camouflage ou être tenue camouflée ou ghillie.

 Il y en a un qui commence à se poser des questions.

  Fusil, bazooka, télescope qu'est ce donc que ce truc qui n'arrête pas de faire, clic, clic,
  clic ? Hum ?

 Zone C - La zone en rouge, dite critique car si vous arrivez à cette distance, il y a de
                grandes chances pour que l'oiseau ne reste pas plus d'une seconde en votre 
                présence. Mais je dis bien mais car il y a toujours un mais, si vous avez la chance
                de vous retrouvez là, à un mètre de l'oiseau avec un 300, 400 ou 500mm, vous
                avez intérêt d'avoir changé auparavant d'objectif avec un autre d'un
                grossissement moindre, car à cette distance, ils seront inexploitables à moins 
                d'avoir la possibilité de le passer en mode macro avec une distance de mise au
                point de 1,50 mètres et de rester à 2 mètres du sujet sans même ne bouger qu'un
                cil. Je pense qu'avec le bruit du boitier au déclenchement, ce type de prise de vue
                ne donne qu'une photo car à la seconde l'oiseau, sauf exceptions ce qui est
                possible mais peu probable, ne restera pas sur sa branche en vous laissant faire
                un maximum de bruit face a lui.

                Dernière recommandation, si vous arrivez là, ce que je vous souhaite,
                c'est de repartir vers la zone A de la même façon dont vous êtes arrivé
                dans la zone C. La photo animalière, c'est aussi savoir faire ce geste pour
                participé au respect de l'animal dans son biotope.

 " Dieu c'est moi ça? Vite, décollons ça me semble dangereux! "



J'espère que ces petites conceptions 3D, vous aiderons dans votre approche sur le terrain.
Et que mon histoire de PNR soit comprise dans la mesure ou elle fait partie d'une règle du respect de l'espace vital animalier. Cette phrase, je l'a trouve un peu crue, obligeante voir qu'elle me plait pas trop. C'est pas simple en fin de compte comme message à expliquer.
Je veux dire, qu'elle ne peut pas forcément être comprise. Cependant que dans le fait que nous souhaitions faire de belles photos, la pratique seule de la photo animalière vous fera très vite comprendre et prendre conscience de toutes ces choses qui vont, si l'on ne les respectent pas rapidement, non pas nous nuire, car ils font partis de la nature mais nuire à la réussite des images tant attendues. C'est à ce moment là que l'on se retrouve face à soi même dans nos erreurs et face à un gros problème qu'est " l'homme dans la nature ". Un homme qui n'a plus aucune notions de ces règles de vie animale car trop habitué à sa vie d'homme des villes. L'homme doit rependre contact avec la nature progressivement car cela ne se fait pas en un jour non plus. Et non pas non plus en ne pensant qu'à ses photos car là est la base d'un gros problème. La photo oui, mais en pensant au respect des animaux photographiés et leurs environnements. Tout ça n'est pas gratuit dans la mesure ou il faut pour cela investir de sa personne dans un changement radical de comportement humain (absence total de bruit, gestes très lents, ne pas bouger, etc) et dans l'achat d'un peu de matériel (tenue camouflée, filet de camouflage, gants, bonnet, etc...), un échange de bon procédés permettant tout en gardant en tête, le respect de l'animale et de son lieu de vie. En pensant à la vie que cet être a ou continu d'avoir après notre photo. Non, nous ne sommes pas " les seuls animaux " en dehors de nos appartements. Il suffit pour certains oiseaux, d'être effrayés une seule fois pour ne plus jamais les revoir sur un perchoir. 

Bon courage à vous amis des animaux et de la photo. 
 
Kaze


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