Comme le dirait ce grand humoriste
qu'était Coluche, "c'est l'histoire d'un mec" en ballade dans Chambéry
en 2011. Place St Léger, j'y croise un type que j'avais entre-aperçu en
bus sur un rond point de la ZUP* avec un rapace au bras quelques
semaines plus tôt. Un petit aigle, ou une buse, je ne sais pas. La
question me vient de suite " Que fait-il dans un endroit pareil avec un
tel oiseau agrippé au poignet? " La réponse fût vite trouvée dans le DL
(Dauphiné-Libéré) les jours qui suivent. Cet homme est commandité par la
ville et a pour mission de faire fuir les pigeons car c'est un
fauconnier pratiquant " la chasse au vol " et " l'effarouchement ",
manière très noble de dire qu'il tue des animaux ou qu’il débarrasse la
ville d’oiseaux nuisibles. Des pigeons entre-autre car considérés par la
ville comme une espèce invasive et nuisible, donc à éradiquer, mais
sans faire trop de bruit, de façon "écologique", afin je pense de ne pas
avoir de soucis avec les associations de défense et de protection de la
nature du coin. En ville, ce monsieur pratique son activité au parc du
Verney où depuis des endroits qui lui semblent stratégiques, tel qu'au
dessus des jardins de la Cassine. Endroit se situant à un pas de la gare
ou vivent moineaux, pigeons, corneilles-noires mais ou aussi s'alignent
par centaines les poteaux électriques des voies ferrées de la Sncf. Il
est très vrai que les rapaces adorent la "haute tension", mais il
est vrai aussi que les pigeons sont salissants et porteurs de germes de
maladies transmissibles à l'homme telle que la grippe aviaire ou je ne
sais quelle autre Lèpre ou virus graves et mortels dont on a jamais eu
un seul mort ici.
Un pigeon de biset se lave dans la Leysse - Printemps 2014
Ensuite toutes cette ribambelle de préjugés sur lui, son attitude idiote, son regard de débile profond, et le cinéma aura fait beaucoup de tord à cet oiseau. Déprécier de plus en plus par le publique, la seule chose que l’on apprécie de lui et sa chaire au fond d’une assiette. Pour tous ces gens, ce n’est qu’un oiseau inutile qui ne fait que salir balcons, vitres et toitures des tours et immeubles. Ce malheureux n’a rien pour plaire, démunis de belles plumes, sa robe n’est que d’une variété de gris. Son attitude, sa démarche avec ces hochements de tête perpétuels ne l’aide pas non plus à se faire aimer des gens. Depuis 2011, il n'en reste qu'une poignée de ces volatiles en ville. Chambéry s'active encore ces temps-ci avec ce même procédé d’élimination à éradiquer les corneilles noires qui ont envahis le boulevard de la colonne. Le chambérien de la ville n’est jamais content, un pigeon n'est pas beau et chie partout, quant à la corneille, elle croasse toute la journée. Bref, on ne voit plus des êtres vivant mais un simple dérangement qu’il faut faire cesser au plus vite. Quand cette ville se sera débarrassée de tous ces nuisibles et pollutions, vers quel animal ou humain, va-t-elle se tourner pour tenter de maintenir une paix sociale?
Le pigeon fait parti des oiseaux dit "nettoyeurs" tout comme la corneille l'est elle aussi.
Le calin d'un couple lors la toilette dans la Leysse - Printemps 2014
flashback en 2011.
La place St Léger fait partie des rues piétonnes principale de Chambéry. Elle est très parcourue par les badauds et touristes. C'est un endroit qui brasse beaucoup (expression pour dire qu'il y a beaucoup de piétons). C'était un samedi de début juin. J'y ai vu pour la seconde fois en 2 à 3 ans un montreur de rapaces. J'arrive presque à sa hauteur mais ne me place pas trop près afin d'observer le pourquoi d'autant d'agitation soudaine. Les deux oiseaux sont des buses Harris ou buses Américaine. Je ne connais rien au rapaces et pourtant je constate très vite qu'elles ont un comportement étrange. Elles ont l'air déstabilisé par l'environnement où elle de trouvent soit en plein cœur d'une ville grouillante d’une centaine humains à pied. Le publique n'a des yeux que pour la beauté " du rapace ". Il ne se doute pas une seconde du stresse et la panique que peuvent ressentir ces oiseaux en ces instants. Ces oiseaux sont enchainés par les pattes et ils n'ont qu'un mètre de laisse environ, sans aucune possibilité fuite. Ce publique sans jugeote au multiples bras tendus, les matraque à coup de flash d'appareil à photo ou de téléphone portable juste à quelque mètre de leurs têtes immortalisant ainsi l’instant d’une rencontre unique. Cette scène que j’observe rendrait fou de rage ornithologues et autres amoureux de nature. Ce fauconnier ou plutôt montreur d'oiseaux s'adressant au public " Elle n'obéit qu'à moi ! " et fait tendre le bras d'un inconnu muni du gant de protection vers un de ses rapaces. L'oiseau ne prête pas une seule seconde d'attention à ce bras. Il ne réagit pas. Le regard de l'animal reste fixe rivé sur cette chose informe qui bouge, le public. Cette masses bruyante lui fait peur et l'inquiète plus que tout. Le fauconnier enfile alors le gant à son tour et avec sourire répète sa phrase. Il tend son bras, mais l'oiseau semble perdu et ne sait pas du tout où donner de la tête. Il voit son maître met presque une patte sur le gant, mais trop paniqué, il s'envole pour aller se poser en catastrophe derrière un pot de fleur géant, à quelques mètres. Le fauconnier fait la gueule et marmonne dans sa barbe. L'oiseau reste derrière ce pot qui le met à l'abri du publique. J'observe ce qui se passe et dit a un petit qui gigote de se calmer car sont agitation effraie l'autre rapace. Cet autre recherche avec des mouvements de tête, de à gauche à droite où est passé son compagnon. Le jeune me regarde et hausse les épaules. Je m'en retourne finir ma course car j'ai pas le temps de rester. Je me sens vide et désappointé par ce spectacle. On se retrouve dans cette complicité passive, celle de rester sans rien dire, ni faire, ni broncher pour raisonné un publique que l’on pense fou. Je me sens tout a coup montreur de rapace, tout comme je me sens être ce gros connard qui flash à bout portant la tête de ce pauvre animal avec son appareil à photo.
la suite juste dans le bloc suivant...
* ZUP = Zone Urbaine Prioritaire qui est aujourd’hui passée en ZUS = Zone Urbaine de Sensible mais où au final rien a changé depuis.


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