jeudi 18 février 2016

L’Homme dérange-t-il, quand il va dans la nature ?

En tant que photographe de nature, souvent je suis dans les bois, en montagne lorsque cela m’est possible, parfois dans les près ou aux bords d’une rivière, d’un lac et des fois dans les sous bois d’une forêt. Après des années d’observation, je me pose toujours autant de questions. Le moindre de nos faits et geste a une ou des répercussions directes sur le vivant et son l’environnement, dans tous ces endroits de nature où librement nous évoluons. Nos vies, ici en France, ne sont en rien comparables à ce qu’elles étaient il y a moins de deux cents ans. Aujourd’hui enracinés dans ces complexes urbains, que sont villages, villes et métropoles, nous y trouvons un semblant de bien-être et de confort dans ces communautés humaines. Ces cités apportent tout ce que l’espèce humaine peut avoir besoin pour perdurer indéfiniment sans aucun soucis sanitaire, salariale, sociale et nutritionnel. Nous avons su concevoir ces lieux de vie et pourtant nous y sommes pas forcément à l’aise…


Qui dérangeons-nous ou quoi, de quelle façon et où ?

1 exemple : si je marche aux abords d’une rivière encaissée, mais aménagée, dans une ville, ce sont les mêmes individus qui vont se sentir oppressés par ma présence, tel que les oiseaux (moineaux, pigeons, corneilles) et quelques oiseaux d’eaux migrateurs (canard colverts, harle-bièvre, poule d’eau, etc) même s’ils nous semblent domestiqués, ils s’éloigneront des berges tout en m’observant sans me quitter des yeux, de leur regard inquiet avant de prendre un petit temps d’arrêt, puis rassuré de ma non-agressivité, ils continueront leurs occupations. Ce comportement ne vaut que si je ne m’arrête pas de marcher, si jamais je stoppe net cette marche, afin de les observer a mon tour, ils passeront directement de la petite inquiétude à la grosse frayeur et s’envoleront de l’endroit où ils se trouvent pour aller à l’une ou l’autre continuité de la rivière. Il peut se trouver, parmi tous ces individus volant quelques oiseaux tels que des pigeons habitués à la présence humaine qui ne s’envoleront pas au premier coup d’œil jeter sur moi.

2 exemple : si je marche maintenant plus ou moins en bordure d’un lac. Un endroit où il se trouve un biotope naturel fait d’arbres, de haies, de roseaux et de plantes aquatiques. Ce petit coin de nature jouxte un lieu public aménagé de multiples parcours pédestres. L’ensemble des espèces sauvages tel que : lapins de garennes, couleuvres à colliers, couleuvres vipérines, grenouilles, lézards, ragondins, castors, etc…, la multitude d’oiseaux d’eau ou non, migrateurs ou non, se sentiront en danger par le fait de notre présence en ce lieu. Dans cet autre environnement, ce court laps de temps d’arrêt que les oiseaux ont afin d’observer le comportement humain n’aura pas lieu. Ils s’envoleront dans la fraction de seconde qui suit vers un endroit plus calme, beaucoup moins envahit d’humains. Pour les lapins, une fois ma présence constatée, ils ne me lâcheront pas des yeux une seconde jusqu’à ce que j’ai atteint le point critique de proximité, un point qui sera pour eux le top départ d’une course effrénée jusqu’à un abri au loin, soit leur terriers ou un endroit sans aucun risque pour eux, soit un autre espace sans aucun humains à l’horizon.

3 exemple : si je marche à l’orée d’une forêt et en sous bois, voir en pleine nature campagnarde. L’ensemble de ces mammifères (lièvre, renard, biche, écureuil, etc) vont fuir des l’instant ou ils vont constater une présence humaine dans leur biotope. Il en sera de même pour les oiseaux vivant quotidiennement en ces lieux. Ce qu’il est intéressant de voir et cette tolérance de présence inter-espèce. Mammifère et oiseaux cohabitent très bien ensemble.

Observons les impacts de la marche d'un humain lors des 3 précédant exemples.

Cette manière primaire à me mouvoir laisse toujours une traces sur les différents sols rencontrés dans la nature : l’herbe rase est aplatie voir écrasée, les hautes-herbes sont couchées, les traces de mes pas sont visibles dans la terre, il arrive parfois que je casse une ou des branches d’arbres ou de haies épineuses, etc…), puisque par habitude, je ne regarde pas mes pieds constamment lorsque je me déplace. Cette activité je l’effectue de la même façon dont je respire, soit inconsciemment. Il m’arrive ou peut m’arriver d’écraser un escargot ou des insectes sur une route, sur un chemin de randonnée où sur un sentier forestier. Tout comme cet autre fait que de marcher avec une assurance équipé de hautes bottes au bord de l’eau et de me rendre compte une fois le mal fait que juste après mon passage, j’ai marché sur de jeunes pouces de roseaux. Tout ceci est bien entendu en aucun cas de ma faute, mais celui de la gravité terrestre qui engendre ce fait non négligeable qui est de peser un certain poids a un certain âge. Ces pas fond du bruit, ces sonorités répétés ont aussi des répercussions sur les comportements émotionnels et physiques des différentes espèces animales vivantes dans ces différents biotopes (inquiétudes, stresses, peurs, position figées, etc…) ainsi traversés. Le bruit de mes pas est l’avertisseur sonore de ma présence humaine où que j’aille dans la nature, il indique clairement l’endroit précis où je me situe par rapport aux animaux qui grâce à lui me localisent généralement très vite et connaissent donc la direction que je prends.

Il reste un détail, celui cette trace odorante qu’on laisse en suspension dans l’air juste après notre passage. En ville, il nous est possible de suivre une personne à la trace juste en traversant ce sillon invisible mais odorant qui est celui laissé d’un parfum. Dans la nature que nous portons un parfum ou non, nous laissons derrière nous cette même trace. Les animaux sont pourvus d’excellents sens olfactifs et peuvent ainsi grâce a leur « nez » savoir qui est passé là, a quel moment, si cette personne est propre ou si elle se néglige, si c’est un homme ou une femme, mais encore si elle a un chat ou un chien à la maison, ce qui nous montre a quel point les animaux sauvages ont un odorat très développé. Cet trace odorante est celle qui a le moins d’impact physique sur la nature. 

Nous sommes nombreux à aller dans la nature, moi le premier. Certains vont emprunter ses sentiers accompagnés très souvent de leur chien afin que l’animal domestique puisse courir et se soulager de ses besoins naturels. D’autres vont parcourir des sentiers de nature en courant ou avec des VTT(vélos tous terrains), des motos cross voir des quads, etc…pratiquant ainsi un sport et ils leurs arrivent aussi de se soulager des besoins naturels. Dés l’instant, ou nous avons mis en place un chemin praticable, qu’il soit en terre ou de macadam, nous humains, nous nous empressons de le parcourir, seul, en famille, ou en groupe. Aller dans la nature en groupe s’est multiplier l’impact d’une personne par de nombre d’autres personne qui l’accompagne, en clair, c’est encore plus destructeur et nuisible pour l’environnement et la faune. Actuellement, Cette présence quasi permanente de l’humain dans la nature pose de vrais problèmes éthiques pour la sauvegarde des espèces, car elles sont sensibles à tous nos moindres faits et gestes, aussi minimes puissent-il être. Nous avons a beau prétexter que l’on y fait rien de mal, juste passer, juste regarder,juste ci ou ça , nous laissons toujours une trace de nous après chacun de nos passages. Nous avons du mal a saisir ces histoire d’impacts inconscients car pour nous, nous ne faisons rien de mal en marchant dans la nature. 


 
Ma réflexion sociale sur nos comportements dans la nature.
Pourquoi nous comportons-nous ainsi ?

Le soucis est que malgré tout le confort dont nous puissions jouir actuellement, nous ne nous cantonnons pas à ne rester vivre que dans nos habitations. Nous avons besoin d’air, d’oxygène, de bol d’air et de cette déconnections totale avec des vies professionnels aliénantes aux allures actuelles de tableau nés sous Excel. Nos vies n’ont plus rien d’humaines.

Une fois notre tenue de sport enfilée ou la moto chevauchée parcourant tous ses sentiers, la nature semble nous appartenir et n’être qu’à nous, rien qu’a nous. Plus rien n’existe et nous ne souhaitons qu’une chose, ne plus penser a rien du tout de ces cercles concentriques négatifs qui nous étranglent en permanence, de ces soucis conjugaux en passant par les conflits professionnels et familiaux jusqu’à ces factures à payer celles à venir et toutes ces contraintes professionnelles à accomplir chaque jour et ces prochaines dont on ne maitrise plus rien. Rien de tous ces tracas de vies humaines ne doivent en aucun cas venir entacher cette performance physique ou mécanique à la quelle on s’adonne nous permettant de croire a un semblant de vie dite équilibrée à l’aube de ce 21 ème siècles. Toutes ces nuisances créées par l’ensemble de nos activités et loisirs externes ne sont que des nuisances volontaires et inconscientes. Elles ne peuvent-être perçues et comprises qu’une fois à l’homme a l’arrêt, une fois qu’il ne se trouve plus là ou il est, hors de son système sociétale et professionnel, lors d’une remise en question complète sur ces comportements, agissements et pratiques sportives ou non. Avant qu’il n’admette son inconscience et la gravité portée de toutes ses activités bruyantes, polluantes et destructrices, de l’ensemble de ses coutumes et traditions irréfléchies tout cela faisaient parties pour lui d’habitudes que l’homme pensaient saines, normales et très bonnes pour sa santé, pour sa santé...

La nature et l’ensemble des espèces, vivant grâce à ses ressources ne vivent pas de la même manière que nous, les humains. Tous, du plus petit au plus grand, ont des existences aux temporalité différentes, ont des besoins d’environnement et d’espace spécifiques, ont des repères différents, ont des modes de vie et des périodes de reproduction différentes, mais tous sont obligés de suivre le rythme que leur impose la nature par le biais de ses saisons et de ses climats différents.

Dans la nature, il n’y a pas de panneaux signalétiques lumineux pour vous annoncer une pièce de théâtre, il n’y a pas de feux rouge ou vert, ni même de lampadaires, cette liste d’objets ne servent en général qu’à nuire ou dérégler ce que la nature a mis en place depuis des siècles pour la survie de l’ensemble de ses espèces animales et végétales. Tout comme il n’y a pas de musique dans la nature, il n’y a pas de haut parleurs pour vous annoncer l’arrivée d’un train, il n’y a pas de marteaux piqueurs, il n’y a pas d’aéroports ou d’usine. Les chants permanents de la nature ou que l’on soit à tendre l’oreille afin de les apprécier sont : le souffle du vent courant au fond d’une vallée, traversant les feuilles d’une forêt où glissant sur le sommet d’une montagne, le ruissellement d’une rivière, le grondement sourd de la puissance d’un torrent, le fracas de l’eau d’une cascade. Tous ces sons ne sont jamais les mêmes, et pourtant aujourd’hui pour s’isoler d’un brouhaha puissant de jour comme de nuit issu des activités incessante de la  civilisation, il faut savoir se placer très loin en retrait ou beaucoup plus haut en altitude.

Pour les oiseaux suivant l’endroit où ils se situent et le nombre d’individus présent sur un site, ils ne chantent pas de la même façon. Généralement dans la nature, les oiseaux chantent du levé au couché du soleil. Pourtant, j’ai constaté qu’au bord d’un lac cerné de routes et d’un urbanisme en plein expansion, ces petits êtres en sont venus a s’accorder des instants de chant au tour par tour dans une journée et cela a cause de ce bruit de fond continu du à l’activité humaine. Ils chantent très fort puis arrivent ces moments ou ils n’ont pas d’autre choix que de retomber dans le mutisme, afin que d’autres de leurs congénères puissent a leurs tours siffler leurs chants de parades nuptiale, alors qu’en montagne isolé de notre brouhaha humain constant, les oiseaux sont moins disciplinés et chantent tous dés le lever du soleil voir peut de temps avant, tous en même temps, se qui donne parfois a une cacophonie sonore exagérée, mais beaucoup plus agréable a entendre que le bruit permanent de notre civilisation.

La nature a beau mettre en place des stratégies permettant aux espèces plus fragiles que l’homme de perdurer et pourtant nous avons constaté dernièrement la pertes de 1/5 eme de la population des oiseaux d’Europe. Le réchauffement climatique a bon dos, mais il n’est pas le seul responsable a jouer en la défaveur de ces animaux et aux autres espèces.



 Que faire ? 
- Faut-il continuer a faire des sentiers, des parcours ou chemins dans les lieux sauvages ?
- Faut-il interdire la nature a l’ensemble des particuliers en vadrouille ?
- Faut-il que les comportements humains changent pour s’adapter aux milieux naturels dans les quels ils évoluent ?
- Faut-il limiter des zones naturelles a un nombre de personne restreint ?
- Faut-il délimiter/cloisonner les zones naturelles ? Est-il bon ou pas de le faire? Impact direct sur les déplacements des grands mammifères, comment gérer cela ?
- Faut-il que nous assourdissons les animaux avec du bruit ?

Ma conclusion 
Voici les raisons qui me semblent importantes au fait de ne pas empêcher l’homme à aller dans la nature.
 
- La nécessité de surveillance permanente et il faut rémunérés des personnes pour cette activité qui est un travail en plein temps (mais la politique en France fait tout l'inverse ces derniers temps). L’activité de la chasse, nous nous devons de toujours avoir un œil vigilant sur cette pratique, afin qu’aucun dérapage ou débordement de la pratique n’ai lieu tel que le braconnage de jour comme de nuit. Il en va de même pour l’activité de la pêche.
 
- Il nous faut garder un œil vigilant et protecteur, vis-a-vis de l’ensemble de ces espèces menacées dites " fragiles ", telle que celle des oiseaux d’eau, des villes ou de la campagne, afin de créer en cas de disparition soudaine d'une de ces espèces précitées de son environnement, des alertes plus précises sur leurs localisations. Toujours garder à l’esprit qu’une espèce dite « nuisible éradiquée » laissera toujours une place de libre à toutes autres formes de vies ( exemple : éliminer les pigeons, c'est faire de la place aux corneilles, éliminer les corneilles s'est faire de la place aux rats, éliminer les rats fait place aux thermites, etc…)

- Surveiller toutes les activités humaines impactant la nature. En premier,  toute forme de pollution matérielle ou chimique  larguée en pleine nature décidée par des irresponsables. Veillez au développement urbain, les terrassements et drainages de zones humides. La coupe de haies et de bois le long des cours d’eaux et la déforestation. Limiter le développement urbain sur des zones dites sensibles (respectez des corridors migratoires (mammifères / batraciens / oiseaux), laissez un minimum de haies et buisson en place). Surveillez la moindre tentative d'exploitation de gaz de Schiste, contrôler l’impacte de la géothermie sur les sols et les nappes phréatiques. Soit une multitudes d’activités liées à la croissance humaine sur la nature.

Une dernière raison est que l’on est pas si nombreux à être là, ici présent dans la nature, à la contempler, à surveiller l’ensemble de tous nos méfaits un peu trop humains. Être une sentinelle de l’environnement, oui, mais avec un droit permanent d’aller ou l'on veut, car tous nous pouvons être demain acteur de cette protection de la nature  par le biais de nos observations. La contemplation du vivant et de son développement ou son bon re-développement ne peut apporter que la préservation des milieux naturels et des êtres qui y vivent.


kaze


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