Lundi matin, je suis parti en Italie, à Turin pour un très court séjour
puisque le retour est prévu pour mercredi dans la journée. Je suis parti
avec une compagnie Italienne de bus faisant la navette entre Chambéry
et quelque villes Italiennes non loin de là. Durant l’aller nous n’avons
eut droit aucun contrôles d’identité, de visa, ou toute autre question
que les douanes sont en mesure de nous poser aujourd’hui. L’Europe et
son ouverture des frontières est devenue bien pratique pour ça, plus
besoin de s’arrêter aux frontières soit un sacré gain de temps pour tous
ces transports.
Mon séjour s’est très bien passé, j’y ai très bien mangé végétarien, végane et il avait là également de la viande pour les amateurs. Mes intentions dans cette grande et très jolie ville, étaient de visiter quelques musées, histoire de sortir de mon quotidien de personne en contrat aidé arrivant en fin de contrat. Turin ne manque pas de musée, l’Italie est riche d’un patrimoine historique qui vaut vraiment le détour, tout est à voir ici. Mais, Turin a également son côté " miséreux " avec ses personnes dormant à même le sol de ses rues. Le centre ville de Turin est fait de bâtiments aux architectures variées, mais toutes ont cette même caractéristique qui est d’être constituées d’imposantes arcades. Des arcades sous les quelles des hommes de couleurs adossés aux colonnes mendient. Tous sont vêtus à l’européenne, une casquette retournée à la main, lorsque l’on arrive près d’eux ou à leur hauteur, ils me soufflent des mots incompréhensibles aux oreilles, ça n’est pas de l’italien ou du français, ni même de l’anglais, c’est un dialecte africain. Ces mendiants se sont placés tous les 10 mètres, ils sont assis, debout ou accroupis adossés à ces arches de pierres constituant les artères piétonnes principales de la ville. Cela fait maintenant moins de 2 heures que je suis ici. En marchant, je ne vois que ces pauvres gens qui s'avancent les uns après les autres vers moi. Mardi soir, je rencontre un mendiant sénégalais parlant français. Lui est comme ceux rencontrés à la sortie des musées de Turin tentent de vendre des babioles ou des dessins, afin de pouvoir survivre dans cette ville.
Mercredi arrive et mon départ de cette ville est prévu pour 11h30. Le bus est à l’heure, nous sommes une quinzaine à prendre place dans un bus où il ne reste qu’une douzaine de place libre. Nous roulons pendant une heure et nous nous arrêtons juste avant le tunnel du Fréjus. Un arrêt obligatoire, puisque 4 agents de la police des air et des frontières montent et contrôlent les cartes d’identités et passeports de toutes les personnes présentes dans ce bus. J’entends les agents dire qu’ils vont être entre 8 et 12 dans ce bus…
Au fond de l'autobus se trouve un couple d’africain avec un bébé dont la femme est enceinte. Un agent parle avec eux à moitié en italien à moitié en anglais. Ils n’ont pas de visa alors l’agent de police leur demande de descendre du bus avec le bébé. L’homme s’exécute et descend alors que sa femme s’énerve un peu et refuse d’obtempérer. D’une voix désespérée elle tente d’expliquer la raison de leur voyage. Ils vont à Paris pour des raisons médicales et humanitaires. L’agent lui se répète mécaniquement une nouvelle fois et somme maintenant cette femme de descendre du bus avec son bébé. Un acte qu’elle se refuse à nouveau d’accomplir. Alors, d’un pas élancé ce policier remonte dans le bus, passe devant elle, et va cherché le couffin dans lequel se trouve le bébé du couple. Sans plus rien dire cette femme accompagne dans ses gestes, cet agent qui tient a bras le corps le couffin contenant le bébé et redescend du bus. Nous attendons quelques minutes un autre agent de police est de retour dans le bus, il rapporte les passeports contrôlés, puis nous reprenons la route en direction de Chambéry.
Au même moment, je range ma carte d’identité et me dit « putain qu’elle chance que j’ai d’être né en France » et tout aussi paradoxalement, « putain qu’elle honte de ne pouvoir aider ces gens qui tentent désespérément de vivre dans ce gros merdier qu’est l’Europe. Que peut bien raconter à sa femme et ses gosses cet homme, cet agent de police une fois rentré chez lui sur le travail qu’il effectue chaque jour ? Comment réagirait-il si les rôles étaient inversés ? Et ces 15 personnes qui ont payé cette compagnie de transports pour ce voyage, comment cette compagnie va t-elle les rembourser ? N’y a-t-il pas un peu une forme d’abus ou de vol dans ce cas présent ? Tous ces africains coincés à Turin n’ont pas d’argent, il faut voir ce qu’ils sont capables de faire pour quémander quelques pièces, pour au final se retrouver à nouveau adossé aux colonne des arcades à supporter une ville. Ce ne sont pas des voleurs, ils gardent un comportement digne.
Mon séjour s’est très bien passé, j’y ai très bien mangé végétarien, végane et il avait là également de la viande pour les amateurs. Mes intentions dans cette grande et très jolie ville, étaient de visiter quelques musées, histoire de sortir de mon quotidien de personne en contrat aidé arrivant en fin de contrat. Turin ne manque pas de musée, l’Italie est riche d’un patrimoine historique qui vaut vraiment le détour, tout est à voir ici. Mais, Turin a également son côté " miséreux " avec ses personnes dormant à même le sol de ses rues. Le centre ville de Turin est fait de bâtiments aux architectures variées, mais toutes ont cette même caractéristique qui est d’être constituées d’imposantes arcades. Des arcades sous les quelles des hommes de couleurs adossés aux colonnes mendient. Tous sont vêtus à l’européenne, une casquette retournée à la main, lorsque l’on arrive près d’eux ou à leur hauteur, ils me soufflent des mots incompréhensibles aux oreilles, ça n’est pas de l’italien ou du français, ni même de l’anglais, c’est un dialecte africain. Ces mendiants se sont placés tous les 10 mètres, ils sont assis, debout ou accroupis adossés à ces arches de pierres constituant les artères piétonnes principales de la ville. Cela fait maintenant moins de 2 heures que je suis ici. En marchant, je ne vois que ces pauvres gens qui s'avancent les uns après les autres vers moi. Mardi soir, je rencontre un mendiant sénégalais parlant français. Lui est comme ceux rencontrés à la sortie des musées de Turin tentent de vendre des babioles ou des dessins, afin de pouvoir survivre dans cette ville.
Mercredi arrive et mon départ de cette ville est prévu pour 11h30. Le bus est à l’heure, nous sommes une quinzaine à prendre place dans un bus où il ne reste qu’une douzaine de place libre. Nous roulons pendant une heure et nous nous arrêtons juste avant le tunnel du Fréjus. Un arrêt obligatoire, puisque 4 agents de la police des air et des frontières montent et contrôlent les cartes d’identités et passeports de toutes les personnes présentes dans ce bus. J’entends les agents dire qu’ils vont être entre 8 et 12 dans ce bus…
Au fond de l'autobus se trouve un couple d’africain avec un bébé dont la femme est enceinte. Un agent parle avec eux à moitié en italien à moitié en anglais. Ils n’ont pas de visa alors l’agent de police leur demande de descendre du bus avec le bébé. L’homme s’exécute et descend alors que sa femme s’énerve un peu et refuse d’obtempérer. D’une voix désespérée elle tente d’expliquer la raison de leur voyage. Ils vont à Paris pour des raisons médicales et humanitaires. L’agent lui se répète mécaniquement une nouvelle fois et somme maintenant cette femme de descendre du bus avec son bébé. Un acte qu’elle se refuse à nouveau d’accomplir. Alors, d’un pas élancé ce policier remonte dans le bus, passe devant elle, et va cherché le couffin dans lequel se trouve le bébé du couple. Sans plus rien dire cette femme accompagne dans ses gestes, cet agent qui tient a bras le corps le couffin contenant le bébé et redescend du bus. Nous attendons quelques minutes un autre agent de police est de retour dans le bus, il rapporte les passeports contrôlés, puis nous reprenons la route en direction de Chambéry.
Au même moment, je range ma carte d’identité et me dit « putain qu’elle chance que j’ai d’être né en France » et tout aussi paradoxalement, « putain qu’elle honte de ne pouvoir aider ces gens qui tentent désespérément de vivre dans ce gros merdier qu’est l’Europe. Que peut bien raconter à sa femme et ses gosses cet homme, cet agent de police une fois rentré chez lui sur le travail qu’il effectue chaque jour ? Comment réagirait-il si les rôles étaient inversés ? Et ces 15 personnes qui ont payé cette compagnie de transports pour ce voyage, comment cette compagnie va t-elle les rembourser ? N’y a-t-il pas un peu une forme d’abus ou de vol dans ce cas présent ? Tous ces africains coincés à Turin n’ont pas d’argent, il faut voir ce qu’ils sont capables de faire pour quémander quelques pièces, pour au final se retrouver à nouveau adossé aux colonne des arcades à supporter une ville. Ce ne sont pas des voleurs, ils gardent un comportement digne.
Des murs sont invisibles et pourtant ils sont bien
là. Ils constituent une Europe pour des européens et le reste du monde peut crever de faim,
de froid ou tout court. Jamais de ma vie, je n’aurais vu un tunnel
aussi bouché que celui là. Maintenant, je pense également a nos affaires en Afrique et cet uranium que l'on récupère au Mali en échange de bon procédés militaires pas très clairs ou de jeune français perdent la vie à des kilomètres de chez eux (un Vietnam français en quelque sorte). Ce mal fait par nos anciennes colonies et maintenant nous venons nous auto-cloisonner par peur ou paranoïa.
Putain, mais qui sommes nous donc ?
Cette femme était peut être malienne et même si ça n'était pas le cas, qu'est ce que ça change ? Ne sommes nous plus une terre accueil, de soin, d'asile politique ? Nous avons soigné des gens pire que ces pauvres gens là par le passé, l'avons nous tous déjà oublié ?
Comme j'ai honte.
Accepteriez-vous qu'un représentant des forces de l'ordre d'un pays lointain prenne votre bébé ?
kaze


Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire