mercredi 15 mai 2024

Dans le mutisme des Salicornes - 1

Parti quelques jours en Camargue observer la nature et photographier les oiseaux, les sites d’observations naturels aussi beaux soient-ils, donnent aussi a réfléchir sur les impactes actuels constatés liés aux réchauffements climatiques. Tous ces dérèglements atmosphériques changeant la nature (faune et flore) sont les résultats d'activités trop humaines, qu’elles soient de : loisir, tourisme, chasse, urbanisme, l'agriculture, ou de modifications environnementales à grande ou petite échelle. Elles viennent toutes perturber des écosystèmes, des biotopes, la mer, ou l’ensemble de la biodiversité d'une région dans la quelle nos actions ne devraient jamais générer de tels changements, si nous souhaitons préserver cette nature indemne (ce qui n'est plus le cas).

 

Eau, sable, vent, marais, sel, terre et mer, l'idéal pour le vivant.

Située en plein cœur de la Camargue, la petite ville des Saintes-Maries-de-la-Mer respire grâce a son tourisme incluant (locations de studios pour vacanciers, un camping et un parking dédié aux camping-cars). Cette petite ville propose des activités de plage, de plaisance en mer, de pêche et de balades a dos de cheval dans les marais. 

La riziculture, les élevages de taureaux, les marais salant et les cultures maraichères font l’économie de cette immense zone humide. Pas d’usine dans les parages ni zones commerciales, la plus proche se trouve dans la périphérie d’Arles. Le parc ornithologique de Pont-de-Gau collé à la réserve naturelle de Camargue, accueille pour ces vacances d'Avril les visiteurs, les familles, les écoles et les irréductibles passionnés de nature.

 

La très vif, Cicindèle du littoral (Calomera-Littoralis).

Aux Saintes-Maries-de-la-mer, les nuits sont calmes même si les moustiques piquent déjà. Leurs ponctions seront ma part pour le vivant d'ici, quant aux placards rouges, que je me coltine sur le front, ils nous font bien rire. Le Mistral souffle sans jamais s’arrêter, ses bourrasques nous envoient ces micro-billes de sable dans les yeux, lors de nos balades. 

Un sourire dessiné sur les babines de ma petite chienne affiche sa joie d'être ici. Profitant couchée au sol, des doux rayons de soleil du printemps, elle fait sa sieste. Les soirs venus, elle court comme une fofolle sur des plages qui lui sont interdites. Les panneaux indiquant une possible promenade en laisse sont inexistants ici et ceux interdisant les chiens sont partout. La seule plage dédiée aux chiens, n’est qu’une parcelle de terrain à l’extrême Est de la plage. Un endroit pas très grand sans sable jonché de cailloux et de nombreux gros coquillages brisés. De vue, il n’est pas l'endroit idéal, sur lequel vous aimeriez voir évoluer les coussinets de votre fidèle compagnon. Un risque de coupure est bien là.

 

La belle Armoise vue à l'étang de Vacarrès.

L’eau du robinet du studio est tellement chargée de chlore, qu’il m'est impossible de finir un verre de cantine rempli. Levé à l’aurore durant une semaine, je partirai observer et écouter la nature deux heures avant l'ouverture du parc ornithologique. L’anecdote veut que le premier objet en plastique que je ramasse sur une plage est une douille de balle de chasse. Difficile  de ne pas grimacer avec ce polluant, 2 fois plus mortel dans les mains. 

 

Les flamants roses du parc ornithologique de Pont-de-Gau

D'autres grimaces s'ajouteront, lors d’un échange avec une trentenaire rencontrée dans le parc ornithologique. Elle avait des mots touchant et une réelle volonté de protéger la nature des bords de mer. Me décrivant une Camargue pas très fidèle à sa Nature, avec sa chasse aux cerfs, aux loups. Du guide de la future chasseresse résultant d'une député. Du trafique inarrêtable de ces magnifiques oiseaux que sont les chardonnerets-élégants. D'une bondrée-apivore qu'elle avait ramassée, il n'y a pas si longtemps, alourdie de plombs. M'expliquant comment des tonnes de sable, issus d’un banc de sable des Saintes-Maries-de-la-Mer avaient été déplacé sur Sète, car en quantité insuffisante là-bas. Hélas, ce sable voyageur, contenait des algues abritant des hippocampes. Des animaux plus vu depuis des décennies aux Saintes-Maries-de-la-Mer, dont l’économie locale n’avait eu cure. Car, les élus lui ont dit que ces petits animaux (éradiqués lors du transports) se re-développeraient sur Sète. (des propos terribles qui font écho avec ceux que j'avais pu entendre lors de l'arasage du bras de décharge de la Leysse en 2015, qui ne s'en est toujours pas remis).  

Sans se connaitre, nous rions de façon caustique, du fait de s'échanger que des constats négatifs sur ces environnements naturels qu'il faudrait d'urgence protéger. Alors, que nous pouvions échanger sur les beautés du vivant rencontrées dans nos vies. Nous sommes restés sur ce qui nous choquait le plus ces temps-ci. Elle me dit que même si nos constats étaient négatifs, ou que nos mots pouvaient en blaser plus d'un. Le publique devait être informé sur ce qui se passe, d'où que l'on est. Elle me dit de continuer à transmettre ce message, que la nature va mal. Elle a raison, je ne sais pas si c'est un réflexe humain ou non, mais l'envie de partager ce savoir d'une nature fortement dégradée me semble vitale pour le Vivant, quel qu'il soit. Il faut agir avec les moyens que l'on a, ceci est la raison des mots entreposés ici. Et nous continuons à parler, parler, parler...

 

 Disparaissant, ils sont capturés et revendus illégalement (photomontage)

 

Ce que je n'arrive pas à comprendre, sachant que nous sommes toujours dans "l’emprise du réchauffement climatique" soit le fait que nous subissons tous ces dérèglements climatiques accentués de catastrophes plus ou moins graves depuis les années 80 (à 10 ans près). ALORS, pourquoi sachant la mortalité possible ou totale disparition d'espèces aussi fragiles, nous continuons humainement à vouloir leur nuire ainsi, grâce à la destruction massives de leur biotopes tout entiers ?

Ces animaux qui tentent de survivre aux réchauffement climatique, tentent également de survivre a l'Humain et sa  bêtise (remplaçable par ignorance) sans limite ne peuvent que subir...ALORS, que l’état des lieux constaté n'est déjà pas bon de prime abord ? 

POURQUOI, le faisons-nous quand même ? 

Demain, si l’on vous annonce que vous avez un cancer des poumons et qu'une chimiothérapie peut vous sauver la vie. Vous n’aller quand même pas accepter vous faire retirer les lobes pulmonaires (mourir) avant d’avoir essayé cette chimiothérapie ? C'est totalement insensé, et pourtant, c’est bien ce que nous faisons actuellement à la Nature et son Vivant. Que ce soit ici en France comme ailleurs dans le monde. Ces autres petites vies différentes des nôtres, nous n’en n’avons rien a foutre. Car, nous continuons à détruire des milieux naturels par pur profit ou désir d'en tirer encore plus de : bénéfices, d'argent, d'êtres humains plus nombreux là où justement, il n'en faudrait plus aucun. C'est juste...pfff...hallucinant. 

 

Suite au prochain Post...

 

l'Avanza un pesticide très toxique autorisé pour la 4èm année (cf les liens)

https://www.20minutes.fr/planete/4084877-20240404-agriculture-pesticide-tres-toxique-autorise-rizicultures-camargue 

https://www.tf1info.fr/environnement-ecologie/rizieres-de-camargue-un-herbicide-fait-debat-mais-ce-produit-n-est-pas-interdit-2294568.html

https://fnepaca.fr/actualites/stop-a-l-utilisation-illegale-de-pesticides-en-camargue-zoom-sur-le-bentazone 

 

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